Mes petites idées

CUSINE ET GASTRONOMIE DE LA RENAISSANCE

A la Renaissance, l'invention de l'imprimerie, les grandes découvertes, la réforme ont été à l'origine de bouleversements et ruptures majeures.
Les périodes de paix de 1540 à 1560 favorisent le développement de l'agriculture dans la première moitié du XVIème siècle. Le recul de la production agricole à la fin de ce siècle s'explique par l'augmentation de la population et les guerres.

L'introduction de nouvelles plantes contribuèrent à l'émergence d'une « nouvelle cuisine » et de nouveaux usages de table. Des le milieu du XVIème siècle de nombreuses plantes alimentaires, originaire d'Amérique furent acclimatées en Europe et augmentèrent le nombre de végétaux comestibles (maïs, topinambours, piments, tomates...).
En débarquant à Marseille, en 1553, pour épouser Henri II, Catherine de Médicis était accompagnée de ses alchimistes, ses cuisiniers, ses pâtissiers qui introduirent de nouveaux produits, nouvelles techniques, nouveaux goûts. Catherine de Medicis importa ainsi les gâteaux à base d'amande, la frangipane, les macarons.
Si les italiens étaient alors reconnus comme des maîtres dans l'art de la table et de la gastronomie, les cuisiniers français et la cuisine française suscitaient également l'admiration. L'apothicaire Pierre Belon en fait l'éloge dans son « discours sur les principales friandises et banquets des diverses nation » (1555).

« ne les Espagnols, Portugalois, Flamans, italiens, Hongrois, Almans et tous autres subjects à l'église romaine n'ont telle magnificence en leurs appareils, en matière de viandes que les François. Et de vray, les Françoys ont je ne sais quelle majesté plus grande, car on leur sert mille petits desguisements de chair, pour l'entrée de table en diverses pièces de vaisselles, qui plus est pour la cérémonie qu'autrement : esquelles on met le plus souvent ce qui est mol et liquide et qui doit être servi chaud : comme sont potages, hachis, fricassées et salades. Ce premier service est ce qu'on nomme l'entrée de table. Le second service est de rosty et boully, de diverses pièces de chair, tant d'oiseaux que d'autres animaux terrestres : sçachant (comme il est dit) qu'il n'est question de poisson à jour de chair »

L'ambassadeur vénitien Jérôme Lippomano a tracé le portrait des français à table.

« ...les Français mangent peu de pain et de fruit et beaucoup de viande ; ils en chargent la table dans leurs banquets. Elle est du reste, bien rôtie et bien assaisonnée d'ordinaire. On aime en France les patisseries plus qu'ailleurs c'est-à-dire la viande cuite dans le poêle ; dans les villes et mêmes dans les villages, on trouve des rôtisseurs et des pâtissiers qui débitent toutes sortes de mets tout prêts ou du moins arrangés de manière qu'il ne leur manque que la cuisson... ».

A partir du XVIème siècle on constate une évolution de l'organisation de l'espace reservé à la cuisine et à la table. Des tables massives et sculptées remplacent les tréteaux qui servaient à « dresser la table ». le buffet remplace le dressoir. Les nappes et serviettes sont devenues des objets luxueux faits en toile damassée.

A la Renaissance, les usages de la table changent. « Le Traité de civilité puériles » (1526) rédigé par Erasme pour un prince de la maison de Bourgogne sera reprit par plusieurs traités d'éducation.

« Garde-toi de porter la main au plat le premier. Tout ce que tu ne pourras recevoir avec les doigts, il faut le recevoir sur ton assiette...
C'est une espèce d'incivilité bien grande ayant les doigts sales et gras de la porter à la bouche pour les lécher ou de les essuyer à sa Jacquette : il sera plus honnête que ce soit à la nappe ou à la serviette... »

L'alimentation est loin d'être partout la même en France. En Auvergne, le fromage, principale production, est l'aliment le plus commun. Dans le Périgord, le limousin et les montagnes du Lyonnais ce sont les châtaignes et les raves.
Cette diversité est également sociale. Plusieurs types de repas et de pratique de table coexistent à la Renaissance. A l'extrémité de l'échelle sociale il y a les ruraux et citadins pauvres qui n'avaient pas le choix de leur alimentation et dont l'ordinaire était monotone, quand il n'y avait ni famine ni disette.

 

 

Vos commentaires

1 Le Lundi 7 Mai 2007 à 15:52 GMT+2, par TheCélinette

Hummm ça me donne faim :-)
Et ça me rappelle une émission du dimanche matin sur France Culture que j'aime beaucoup :-)

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