mes petites idees

AU COIN D'UN BOIS...

Cette petite chapelle se trouve au milieu des bois, c'est étrange de la trouver au détour d'une ballade. C'est à la fois triste et émouvant, un lieu privilégié où des gens viennent prier, croire, espérer, faire des offrandes.

C'est la chapelle Notre Dame des Trayes. Ce petit oratoire a été édifié au 19ème siècles au milieu des bois pour abriter une statue de la vierge découverte dans les combles de l'église de la Ferté Saint Aubin.

 

 

 

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UN TEMPS OU LES CROYANCES ET LES SUPERSTITIONS ETAIENT MAITRESSES DES AMES

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Les croyances et les superstitions connaissent leurs apogées au Moyen-Age et vont imprégner les esprits jusqu’au XIXe siècle. A cette époque, la grande majorité de la population est rurale, la nature est toute-puissante, l’homme la subit, la respecte et la craint.

Pourquoi ce brouillard vient-il lui faire perdre ses repères ? Que signifie la rougeur du ciel ? Pourquoi la lumière de la Lune semble t-elle si inquiétante ? Tout cela excite sa sensibilité, l’inquiète, l’intrigue, le fascine et stimule son imagination. L’homme croit cette nature régie par des puissances magiques sur lesquelles quelques être hors du commun ont le don et le pouvoir d’influer. Il redoute ses colères et est impuissant face au vent qui hurle, à la pluie qui détruit ses cultures, les maladies qui déciment les troupeaux. Etant impuissant a expliquer et contrôler ces phénomènes, conscient de son extrême fragilité, apeuré et angoissé, l’homme se refugie dans un mode de pensée instinctif et irrationnel peuplé de fantastique et merveilleux. Il se livre donc a certain rite, apprend à lire signes et presages dans le but de contrôler sa destinée. Il se persuade que des objets ou des êtres portent chance.

Tout cela est favorisé par le cadre de vie. Les villageois vivent repliés sur eux-mêmes, l’instruction est peu développée et la vie est rythmée par le jour les travaux agricole et le soir la veillée avec ses histoires transmisent de génération en génération. A cette époque il y a un décalage avec les citadins qui eux ne vivent plus de la même façon. Depuis le XVIII siècle l’imagination en ce qui concerne esprit et croyance se meurt.

Extrait de « Voyage en Bretagne en 1840 et 1841 » écrit par Villermé et Benoiston de Châteauneuf envoyé en mission d’étude en Bretagne par le roi Louis-Philippe.

C’est qu’il est dans la nature de l’homme de rechercher plutôt les contes qui l’effraient que des vérités qui l’instruisent ; c’est qu’il aime la peur et son plaisir. Le Breton ignorant et simple est donc superstitieux, il croit aux fées, aux nains, dont la race noire et velue ne se plait que dans le mal, aux sorciers, aux revenants, au démon (…) C’est le vent, la poussière, la fumée du foyer dont la direction vers tel point du ciel annonce un événement favorable ou contraire. C’est le char de la mort (carriel an nankou) qui, dans son passage nocturne, fane et dessèche sous ses roues l’herbe fraiche des prairies ; ou bien c’est au contraire Notre Dame des Portes que l’on voit se promener la nuit dans les campagnes, vêtue d’une robe lumineuse, et dont l’apparition promet d’abondantes récoltes aux cultivateurs. C’est l’esprit caché dans l’épaisseur des bois, dans le fond des vallées, qui s’amuse à répéter les mots prononcés prés de lui ; ce sont deux cierges placés devant de jeunes mariés, dont le prêtre va bénir l’union, et qui indiquent par la flamme moins brillante de l’un des deux lequel des époux doit mourir le premier ; ce sont enfin des sources, des fontaines, dont les eaux bienfaisantes guérissent des maux que rien n’a pu guérir, et surtout de l’obsession du démon.

L’église est un grand adversaire des croyances et des superstitions qui sont des survivances païennes et détournent du vrai culte. Dès l’époque médiévale, conciles et synodes ordonnent au prêtre de s’opposer à ces pratiques déviantes. Un grand nombre de croyances ont été teintées de christianisme. Croix, oratoires, chapelles et autels ont été construit à l’endroit des sources, pierres et arbres sacrés. Les saints ont remplacés les idoles, les grands rites agraires sont devenus des fêtes religieuses. La lutte contre ces croyances s’intensifie au XIX siècle. Mais ces croyances sont-elles si contraires à la religion ? En insistant sur l’omniprésence du Diable et de ses suppôts l’église n’a telle pas, elle-même, contribué à leur maintien ? Croyance et religions partagent la même finalité : offrir un soutien face à la condition humaine et répondre à un besoin de la nature humaine : croire.

Extrait de « Génie du christianisme » de François René de Chateaubriand.

Quand le peuple croit entendre la voix des morts dans le vent, quand il parle des fantômes de la nuit, quand il va en pèlerinage pour le soulagement de ses maux, il est évident que ces opinions ne sont que des relations touchantes entre quelques scènes naturelles, quelques dogmes sacrés, et la misère de nos cœurs. Il faudrait nous plaindre si, voulant tout soumettre aux règles de la raison, nous condamnions avec rigueur ces croyances qui aident au peuple à surmonter les chagrins de la vie, et qui lui enseignent une morale que les meilleures lois lui apprendront jamais.

A la fin du XIX Siècle, les croyances et superstitions s’estompent. La science et les technologies évoluent, elles parviennent peu à peu à donner aux hommes des explications. Pourquoi s’en remettre aux saints ou à l’eau d’une fontaine pour guérir une maladie alors que la médecine évolue. Les modes de vie se sont transformés, les routes et les chemins de fer ont sortie les villages de leur isolement. On vit de moins en moins au contact de la nature. Quelques croyances survivent mais la plupart ont quitté la réalité pour entrer dans l’univers du folklore et appartenir à la mémoires des campagnes.

Pour aller plus loin : « la France des croyances et des superstitions » de Christophe Lefébure.

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