mes petites idees

MARILYN, DERNIERES SEANCES de Michel SCHNEIDER

Marilyn icone sexuelle, Marilyn actrice de cinéma, Marilyn icone de l'Amérique... Michel Schneider retient, lui, dans son livre la face la plus sombre de Marilyn : la patiente accro à Freud et à la psychanalyse autant qu'aux barbituriques qui la tuaient lentement.

Ce livre rend à Marilyn ce que nous lui devons, la voir comme une femme qui souffre, qui ne supporte pas l'image d'elle même, arrêter de seulement voir en elle cette "petite dinde peroxydée". Le livre retrace les 30 derniers mois de Marilyn, 30 mois de psychanalyse avec Ralph Greenson, celui qu'elle avait choisie pour l'accompagner à la mort. Pendant 30 mois, les deux personnages ne se sont plus quittés, mêlant cinéma et divan, névroses et champagne, jusqu'à la fusion intellectuelle, passionnelle et destructrice.

R. Greenson a beaucoup douté, il a créé une thérapie spécifique pour cette femme si perdue, il a franchi les limites conventionnelles en en faisant un membre de sa famille, ils a beaucoup douté jusqu'a la fin de ses jours de l'impact de cette relation "psychanalytique" aussi bien sur elle que sur lui.

On a l'impression en lisant ce livre que Norma Jeane est prisonnière de Marilyn, elle ne contrôle plus son propre personnage, on souffre avec elle, pour elle. On assiste impuissant à une descente suicidaire dans la déchéance, l'alcool, les anxiolytiques. Elle revit devant l'appareil photo d'un ancien amant et en même temps donne encore une fois son corps en pâture elle qui rêvait que l'on ait envie de la comprendre, de l'écouter de la respecter.
 
La force de ce roman tient au travail de documentation fourni par Michel Schneider. A partir de documents et de faits réels, il a imaginé, inventé, rêvé ce qu'a pu être la déchéance de Marilyn. Difficile de déceler le vrai du faux mais cela importe peu. Sans complaisance ni excuse, il tranche à vif et ne craint pas de briser un mythe. Mais au-delà de ce tête-à-tête, c'est tout le Hollywood des années 1950 qui est dépeint. On croise en un seul roman les frères Kennedy, Anna Freud, Truman Capote, Clark Gable, Frank Sinatra, les vices et les coulisses de ce monde de l'illusion.
On a envie en lisant ce livre de pouvoir la prendre dans nos bras pour l'aimer juste l'aimer.

 

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FILS DE FRANCE (Saez)

Je ne voulais pas parler politique sur ce blog car c'est plus pour moi un endroit dédié aux livres, à mes passions, la culture... mais juste un mot quand même.

L'instauration d'un climat de peur a fonctionné, peur de l'autre, de l'avenir, du chômage... La récupération des théories du front national en light et autres magouilles ont également fait mouche. Notre nouveau président est cul et chemise avec les plus grands patrons, il a une vision stigmatisée des français, il y a "ceux qui se lève tôt" et les autres, il est manipulateur et avide de pouvoir...mais il est la pour 5 ans et a été choisi par la plus grande majorité des français il est donc inutile de polémiquer.

 Il me semble plus important de se tourner vers l'avenir, ne pas rester avec ce sentiment d'impuissance mais faire en sorte que dans 5 ans un nouveau tournant soit prit.  

Je conclus avec cette vidéo illustrant la chanson Fils de France de Saez. Chanson écrite lors de l'entre deux tours de 2002 mais qui me semble être encore d'actualité aujourd'hui.

 

 

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MUSEE JACQUEMART ANDRE

En ballade à Paris avec ma sœur, nous sommes allées visiter le musée Jacquemart André, boulevard Haussmann dans le 8ème. En arrivant devant l'imposante façade on ne peut pas imaginer le raffinement des collections de tableaux, meubles et objets d'art que l'on va trouver à l'intérieur. 

 Le musée Jacquemart est la demeure d'un couple nourrit d'une même passion, l'art. Héritier d'une famille de banquier Edouard André consacre sa fortune à l'acquisition d'œuvres d'art qu'il expose dans son hôtel particulier achevé en 1875. Il épouse en 1881 Nélie Jacquemart une portraitiste renommée.  Ce mariage sera décisif pour la création du musée. Nélie Jacquemart initie son époux à la Renaissance Italienne, chaque année ils se rendent en Italie et forme, au fur et à mesure de leurs acquisitions une des plus belles collections d'art italien en France. De retour à Paris, Nélie meuble et décore les pièces de l'hôtel particulier tandis qu'Edouard organise le musée italien. A la mort d'Edouard André, Nélie Jacquemart achève l'aménagement du musée italien. Fidèle au projet bâti avec son époux, elle lègue à l'institut de France l'hôtel et ses collections. Le musée ouvre ses portes dès 1913.

 

 

 


Une exceptionnelle collection

La peinture française
Edouard André à fait l'acquisition d'œuvres françaises du XVIIIème siècle, des toiles de Nattier, Vigée-Lebrun, Chardin, Fragonard, David sont exposées au rez-de-chaussée. Le salon des peintures, le cabinet de travail et le boudoir rassemblent les œuvres du XVIIIème siècle français, tandis que l grand salon offre aux visiteurs un panorama du XVIIème siècle (tapisseries et sculptures).

La peinture hollandaise
Toiles de Van Dyck, Frans Hals, Rembrandt...

La renaissance italienne
Passionnés par la Renaissance Italienne, les époux André ont constitué au premier étage de leur demeure un véritable musée privé consacré à leurs collections d'art italien qu'ils réservaient à leurs amis intimes.

Nous parcourons ensuite la salle des sculptures, la salle florentine présentant de magnifiques œuvres d'inspiration religieuse (stalles d'église, retable d'autel et monument funéraire) puis la salle vénitienne. On admire un ensemble de fresques de Tiepolo provenant de la villa Contarini à Mira ainsi que des tapisseries tissées dans les ateliers des Gobelins.

Sans oublier le mobilier et les objets d'art. Nous découvrons un ensemble de meubles prestigieux, allant de Louis XIV à Louis XVI. Des fauteuils estampillés Carpentier recouverts de tapisserie de Beauvais, un secrétaire en laque de Chine orné de bronze dorés, des commodes signées Riesener, BVRB,...des objets précieux acquis en orient...

Bien plus qu'un musée nous avons visité une demeure pleine de charme, de découverte nous sommes investies par la passion pour l'art flottant en cette demeure.

 

Pour plus d'info : Musée Jacquemart André

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CUSINE ET GASTRONOMIE DE LA RENAISSANCE

A la Renaissance, l'invention de l'imprimerie, les grandes découvertes, la réforme ont été à l'origine de bouleversements et ruptures majeures.
Les périodes de paix de 1540 à 1560 favorisent le développement de l'agriculture dans la première moitié du XVIème siècle. Le recul de la production agricole à la fin de ce siècle s'explique par l'augmentation de la population et les guerres.

L'introduction de nouvelles plantes contribuèrent à l'émergence d'une « nouvelle cuisine » et de nouveaux usages de table. Des le milieu du XVIème siècle de nombreuses plantes alimentaires, originaire d'Amérique furent acclimatées en Europe et augmentèrent le nombre de végétaux comestibles (maïs, topinambours, piments, tomates...).
En débarquant à Marseille, en 1553, pour épouser Henri II, Catherine de Médicis était accompagnée de ses alchimistes, ses cuisiniers, ses pâtissiers qui introduirent de nouveaux produits, nouvelles techniques, nouveaux goûts. Catherine de Medicis importa ainsi les gâteaux à base d'amande, la frangipane, les macarons.
Si les italiens étaient alors reconnus comme des maîtres dans l'art de la table et de la gastronomie, les cuisiniers français et la cuisine française suscitaient également l'admiration. L'apothicaire Pierre Belon en fait l'éloge dans son « discours sur les principales friandises et banquets des diverses nation » (1555).

« ne les Espagnols, Portugalois, Flamans, italiens, Hongrois, Almans et tous autres subjects à l'église romaine n'ont telle magnificence en leurs appareils, en matière de viandes que les François. Et de vray, les Françoys ont je ne sais quelle majesté plus grande, car on leur sert mille petits desguisements de chair, pour l'entrée de table en diverses pièces de vaisselles, qui plus est pour la cérémonie qu'autrement : esquelles on met le plus souvent ce qui est mol et liquide et qui doit être servi chaud : comme sont potages, hachis, fricassées et salades. Ce premier service est ce qu'on nomme l'entrée de table. Le second service est de rosty et boully, de diverses pièces de chair, tant d'oiseaux que d'autres animaux terrestres : sçachant (comme il est dit) qu'il n'est question de poisson à jour de chair »

L'ambassadeur vénitien Jérôme Lippomano a tracé le portrait des français à table.

« ...les Français mangent peu de pain et de fruit et beaucoup de viande ; ils en chargent la table dans leurs banquets. Elle est du reste, bien rôtie et bien assaisonnée d'ordinaire. On aime en France les patisseries plus qu'ailleurs c'est-à-dire la viande cuite dans le poêle ; dans les villes et mêmes dans les villages, on trouve des rôtisseurs et des pâtissiers qui débitent toutes sortes de mets tout prêts ou du moins arrangés de manière qu'il ne leur manque que la cuisson... ».

A partir du XVIème siècle on constate une évolution de l'organisation de l'espace reservé à la cuisine et à la table. Des tables massives et sculptées remplacent les tréteaux qui servaient à « dresser la table ». le buffet remplace le dressoir. Les nappes et serviettes sont devenues des objets luxueux faits en toile damassée.

A la Renaissance, les usages de la table changent. « Le Traité de civilité puériles » (1526) rédigé par Erasme pour un prince de la maison de Bourgogne sera reprit par plusieurs traités d'éducation.

« Garde-toi de porter la main au plat le premier. Tout ce que tu ne pourras recevoir avec les doigts, il faut le recevoir sur ton assiette...
C'est une espèce d'incivilité bien grande ayant les doigts sales et gras de la porter à la bouche pour les lécher ou de les essuyer à sa Jacquette : il sera plus honnête que ce soit à la nappe ou à la serviette... »

L'alimentation est loin d'être partout la même en France. En Auvergne, le fromage, principale production, est l'aliment le plus commun. Dans le Périgord, le limousin et les montagnes du Lyonnais ce sont les châtaignes et les raves.
Cette diversité est également sociale. Plusieurs types de repas et de pratique de table coexistent à la Renaissance. A l'extrémité de l'échelle sociale il y a les ruraux et citadins pauvres qui n'avaient pas le choix de leur alimentation et dont l'ordinaire était monotone, quand il n'y avait ni famine ni disette.

 

 

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MEMOIRES D'UNE DAME DE COUR DANS LA CITE INTERDITE de JIN YI

« Je suis tombée du ciel. Seulement, au lieu de mettre pied à terre, j'ai atterri directement dans les latrines ». C'est ainsi que He Rong Er, ancienne dame de la cour impériale chinoise, résume sa vie. Entrée à la cour à treize ans, elle a servi l'impératrice Cixi vers la fin de son règne.

Ce livre est né de la rencontre de He Rong Er et d'un jeune chinois, Jin Yi, alors étudiant en Histoire à l'université de Pékin. « J'écoutais la vieille dame me raconter son passé comme s'il s'agissait de légendes lointaines oubliées. Lorsque je l'avais rencontrée, elle était déjà une vieille femme aux joues plissées et aux cheveux blancs. Elle s'appelait He. »

Ces femmes inaccessibles évoluaient dans une cité fermée au monde extérieur, assujetties au pouvoir d'un empereur ou d'une impératrice.
Le mystère de la Cité Interdite a suscité de tout temps la curiosité. Les « mémoires d'une dame de cours » constituent un document qui nous permet aujourd'hui de pénétrer la palais.

He Rong er a conté oralement sa propre vie et celle, quotidienne, des dames de cour, consacrant une grande part de son récit à l'impératrice Cixi. On découvre comment elles travaillaient, s'habillaient, se nourrissaient. On apprend les goûts, les manies, les exigences des empereurs et impératrices.

Ce livre nous entraine dans un voyage codifié où chaque action, chaque geste est réfléchi, a un sens. La lecture laisse une impression d'un contrôle de soi et de ses gestes permanent, presque oppressant. Mais nous partons également dans un voyage féerique à travers les mythes et croyances, nous découvrons une vie organisé pour cohabiter avec les esprits et les Dieux.

Construite en 1420 sous la dynastie des Ming, cette étonnante et mystérieuse architecture qui abrita vingt-quatre empereurs resta inaccessible pendant cinq cents ans. La partie antérieure fû ouverte au public en 1914, puis en 1924 la partie postérieure, où vivaient les empereurs et impératrices.

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L'AFFICHE ROUGE


A l’occasion de la semaine arménienne organisé par le Cercil du 11 au 15 avril 2007 à Orléans, je suis allée voir une conférence – débat ayant pour thème « Les étrangers dans la résistance en France ». Cette soirée était introduite par la projection du film « La traque de l’affiche Rouge » de Jorge Amat et D. Peschanski.

Ce film relate l’impitoyable traque que la police française fit aux résistants membres de la MOI (Main-d’Oeuvre Immigrée), fin 1943 à Paris. Afin de bien comprendre les mécanismes de cette traque, nous suivons Denis Peschanski aux archives de la Préfecture de Police. La projection fut suivie d’un débat en présence de Denis Peschanski, historien, directeur de recherche au CNRS. 

 

LA M.O.I

La MOI (Main-d'Oeuvre Immigrée) fut d'abord une organisation de type syndical, regroupant les travailleurs immigrés de la Confédération Générale du Travail unitaire (CGT) dans les années 1920. Elle s'appela d'abord MOE : Main d'Oeuvre Etrangère et dépendait de l'Internationale Syndicale Rouge (ISR). À cause de la vague de xénophobie des années 1930, le Parti communiste français qui dirige de fait ce secteur syndical, lui préfère le terme de MOI. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Louis Grojnowski dit "Brunot" en prend la direction, et l'organisation donne naissance à un groupe armé, les FTP, FTP-MOI, dont le dirigeant fut Joseph Epstein. Le plus célèbre de ses membres est Missak Manouchian et la FTP-MOI est connue dans le grand public par l'Affiche rouge, affiche de propagande allemande exposant les photos de membres de la FTP-MOI après leur arrestation à la fin de 1943, et stigmatisant la présence d'étrangers et de juifs parmi la Résistance française.

Parmis les membres de la MOI on peut citer entre autre, Missak Manouchian, Joseph Epstein, Annnie Kriegel, Marcel Rayman, henri Karayan.

 

L'AFFICHE ROUGE

L'Affiche rouge est une affiche de propagande allemande placardée à Paris au printemps 1944, pendant l'occupation nazie. Elle fut tirée à 15 000 exemplaires. L’édition de l'affiche fait suite à l'arrestation des 23 membres du groupe Manouchian, affilié aux FTP MOI (Francs Tireurs Partisans de la Main d'Oeuvre Immigrée). Les 22 hommes seront fusillés le 21 février 1944 au Mont Valérien, tandis qu'Olga Bancic sera décapitée à la hache le 10 mai de la même année à Stuttgart, une loi française interdisant alors de fusiller les femmes.

L'affiche sert à la propagande nazie qui stigmatisera l'origine étrangère de la plupart des membres de ce groupe, principalement des Arméniens et des Juifs d'Europe de l'Est. A travers son film, l'historien Denis Peschanski démontre grâce à l’étude des archives russes, françaises (aux Archives nationales et à la préfecture de police récemment ouvertes) et allemandes que la chute du réseau est le fruit du travail de la police française et cela à cause de deux branches créées par les Renseignements généraux ; les Brigades Spéciales 1 et 2.

La BS2, dirigée par Fernand David fit un travail de filatures pendants des mois. Lorsque Marcel Rayman commit l'attentat du 28 septembre 1943 où il abat le docteur Von Ritter il était déjà suivi depuis deux mois, et ce n'est que plus tard à force de recoupements et au fil des arrestations, dont celle de Davidovitch qui avoua sous la torture et fut libéré, que le groupe fut démantelé.

Le slogan de l'affiche est : « Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime ! ». En dessous, figurent les noms et les actions menées par 10 résistants, dont le chef du groupe Manouchian :

• GRZYWACZ : Juif polonais, 2 attentats

• ELEK : Juif hongrois, 5 déraillements

• WASJBROT : Juif polonais, 1 attentat, 1 déraillement

• WITCHITZ : Juif polonais, 15 attentats

• FINGERCWAJG : Juif polonais, 3 attentats, 5 déraillements

• BOCZOV : Juif hongrois, chef dérailleur, 20 attentats

• FONTANOT : Communiste italien, 12 attentats

• ALFONSO : Espagnol rouge, 2 attentats

• RAYMAN : Juif polonais, 13 attentats

• MANOUCHIAN : Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés

 

La propagande allemande veut montrer que ces hommes ne sont pas des libérateurs mais des criminels, des terroristes. Les auteurs de l'affiche ont essayé de réaliser une composition apte à marquer les esprits:

- Le choix de la couleur : le rouge, couleur du sang, le sang des meurtres perpétrés par " l'armée du crime ".

- En haut de l'affiche, une question : " Des libérateurs ? ". En bas, la réponse : Non, ce sont des criminels. Et entre les deux, des preuves (caches d'armes, sabotages, morts et blessés).

- Sous le mot de libérateur, telle une légende, les dix visages présentés dans des médaillons cerclés de noir et répartis symétriquement. Sous chacun de ces visages, un nom à consonance étrangère, et juif pour sept d'entre eux. Bien entendu, aucun des Français du groupe n'y figure.

Missak Manouchian y est qualifié de " chef de bande ". Ce n'est pas un résistant, ce n'est pas un libérateur, mais un criminel de droit commun. Les 10 médaillons s'intègrent à une flèche dont Manouchian forme la pointe et qui met le focus sur les "crimes". Lorsque l'affiche rouge est diffusée sous forme de tracts, c'est pour rajouter au verso le commentaire suivant : " Si des Français volent, sabotent et tuent, ce sont toujours des étrangers qui les commandent ; ce sont toujours des chômeurs et des criminels professionnels qui exécutent ; ce sont toujours des Juifs qui les inspirent. "

 

MISSAK MANOUCHIAN

Missak Manouchian a 19 ans lorsqu'il arrive en France en 1925. Il est né le ler septembre 1906 dans une famille de paysans arméniens du petit village d'Adyaman, en Turquie. Il a huit ans lorsque son père est tué par des militaires turcs au cours d'un massacre. Sa mère mourra de maladie, aggravée par la famine qui frappait la population arménienne. Les atrocités du génocide marquent Missak Manouchian pour la vie.

A son arrivé en France, il apprend la menuiserie, mais acceptera toutes les tâches qu'on lui proposera. Parallèlement il fonde 2 revues littéraires, Tchank (Effort) puis Machagouyt (Culture). Missak Manouchian fréquente les "universités ouvrières" créées par les syndicats ouvriers (CGT), et en 1934, il adhère au Parti communiste et intègre le groupe arménien de la MOI (Main d'Œuvre immigré). Après la défaite de 1940, il redevient ouvrier puis responsable de la section arménienne de la MOI clandestine. En 1943, il est versé dans les FTP de la MOI parisienne dont il prend la direction militaire en août, sous le commandement de Joseph Epstein.

Missak dirige donc ce réseau de 22 hommes et une femme. Depuis fin 1942, ces hommes ont mené dans Paris une guérilla incessante contre les Allemands : ils ont réalisé en moyenne une opération armée tous les deux jours : attentats, sabotages, déraillements de trains, pose de bombes. Leur grand coup d'éclat à lieu le 28 septembre 1943 lorsqu'ils abattent Julius Ritter, responsable du S.T.O. en France et général S.S.

Le 16 novembre 1943 Missak Manouchian doit rencontrer Joseph Epstein sur les berges de la Seine à Evry. Il ignore qu'il est suivi depuis son domicile parisien lorsqu'ils sont arrêtés sur la rive gauche par des policiers français en civils. En fait ce sont toutes les unités combattantes de la MOI parisienne qui seront démantelées ce jour là.

Les Allemands donnent une publicité inhabituelle à leur procès (disons simulacre de procès). La presse est invitée: une trentaine de journaux français et étrangers sont représentés. Les services de la propagande allemande envoient une équipe cinématographique. C'est un procès de 3 jours à grand spectacle. Son but est évident, le président de la cour martiale le précise : il faut " faire savoir à l'opinion française à quel point leur patrie est en danger ". De fait, le groupe est essentiellement composé d'étrangers : huit Polonais, cinq Italiens, trois Hongrois, deux Arméniens, un Espagnol, une Roumaine et trois Français seulement. Parmi eux, neuf sont juifs et tous sont communistes ou proches du P.C.

Les Allemands et Vichy ont voulu transformer ce procès en propagande contre la Résistance. Ils veulent montrer que la Résistance n'est que du banditisme et un complot étranger contre la France et les Français. Ils misent sur la xénophobie, l'antisémitisme et l'anticommunisme supposés de l'opinion publique. La radio et les journaux de Vichy reprennent le thème du " judéo- bolchevisme, agent du banditisme ". Il s'agit de déstabiliser la Résistance à un moment où elle est organisée et pose des problèmes de plus en plus importants aux forces de répression.

Missak Manouchian tombera au Mont-Valérien, avec vingt-et-un de ses camarades, sous les balles de l'ennemi, le 19 février 1944.

 

CE FUT DES HEROS

En 1955, à l’occasion de l’inauguration de la rue « Du Groupe Manouchian » (20ème arrondissement de Paris), Aragon écrit un poème « Strophes pour se souvenir », librement inspiré de la dernière lettre que Missak Manouchian adressa à son épouse Mélinée et qui sera mis en musique par Léo Ferré sous le titre l’Affiche rouge en 1959.

 

 

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RITUEL DE TABLE AU MOYEN AGE

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En dehors des grandes réceptions et suivant son rang, sa fortune et les saisons, on déjeune ou l’on dine dans la chambre, l’antichambre, le jardin et certains jours dans la cuisine au milieu des domestiques et des animaux. Les sols sont en terre battue que l’on recouvre de paille, de joncs ou de foin en été, ils sont carrelés uniquement dans les pièces d’apparat. Lors de certaines fêtes cette jonchées est complétée d’herbes odoriférantes et de fleurs.

A cette époque, les rituels de la table sont déjà très codifiés. Au son du cor, les invités sont enjoints de se laver les mains. Des domestiques « donnent l’eau » aux invités dans le respect du rang de chacun avant de passer à table. Ils leurs présentent des bassins remplis d’eau parfumées dans lesquelles ont fait bouillir des feuilles de sauge, marjolaine, romarin ou laurier, des fleurs de camomilles, des pelures d’oranges ou des pétales de roses. Ils reviendront en fin de repas et proposeront aux convives de se laver à nouveau les mains et la bouche.

Le haut bout (ou chef de la table), le dos à tourné à la cheminée, est réservé aux personnes que l’hôte tient à honorer. Vient ensuite le bas bout réservé aux invités en fonction de leur âge, de leurs titres, de leurs charges, de leurs dignités et de leur sexe. Les invités se placent d’un même coté de la table, afin de faciliter le service et de pouvoir assister aux spectacles donnés par les jongleurs et troubadours. Seul le seigneur et ses invités de marque disposent d’un faudesteuil (ou d’une chayère). Les autres sont assis sur des coffres ou des bancs (de la dérivera le mot banquet).

L’usage des doigts

Un tailloir et son tranchoir servent à deux convives, tout comme l’écuelle utiliser pour avaler les préparations liquides. La fourchette n’est pas encore présente sur la table. Certains invités amènent leur couteau, il sert à attraper les aliments dans les plats, à découper les morceaux et à les porter à la bouche. La cuillère est utilisée en cuisine, elle apparaitra à table au XIVème siècle. Chacun puise avec ses doigts dans le plat. Les usages veulent qu’avec élégance, l’on prenne les aliments avec les trois premiers doigts de la main droite et qu’ensuite on les suce puis on les essuie sur la longière.

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PERLES DU NET # 4

Un véritable moment de poésie....

Verdi - Traviata - Choeur Bohémiens
Vidéo envoyée par Quarouble

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SCANDALEUSEMENT CELEBRE

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Scandaleusement célèbre de Douglas McGrath. Film américain avec Toby Jones, Sandra Bullock, Daniel Craig, Sigourney Weaver, Jeff Daniels, Peter Bogdanovich.

Truman Capote, mort en 1984, était un écrivain sudiste qui, dès la parution de son premier roman, en 1948 Les Domaines hantés, imposa son visage. Considéré tantôt comme un prodigieux styliste, tantôt comme l'une des langues de vipère les plus acérées de la jet-set, il allait devenir l'une des grandes figures de la scène littéraire et mondaine, et signer, entre autres, le célèbre Petit déjeuner chez Tiffany (1958).

La grande affaire de sa vie est De sang-froid (1966), un livre inspiré par un fait divers. En 1959, apprenant qu'une famille de fermiers du Kansas avait été trouvée assassinée dans leur ferme, Capote commence un reportage sur place pour le New Yorker, afin de raconter la réaction d'une petite ville de province devant un crime odieux. Il va devoir amadouer ces gens peu enclin à se confier à cet excentrique trop éloigné d’eux à tel point qu’ils lui parlent en le prenant pour une dame ne sachant pas vraiment qu’un homme puisse être efféminé et homosexuel tout en étant un homme. Au fil du temps, il va transformer son récit, inventer une nouvelle forme de journalisme, en utilisant les techniques de la fiction, traitant les personnages réels avec la psychologie d'un romancier.

C'est cette période de sa vie qu'évoque Scandaleusement célèbre : comment ce dandy de Manhattan s'empare d'une affaire sordide et crapuleuse perpétrée chez des bouseux, comment il s'y investit jusqu'à la nausée, au risque d'y perdre son inspiration.

Fait rare : deux hommes ont eu ensemble, sans se concerter, la même idée d'évoquer Capote à travers cet épisode, réalisant chacun de leur côté deux films quasi identiques. Signé par Bennett Miller, le premier, Capote, sorti en France en 2006, a valu un Oscar à Philip Seymour Hoffman, l'acteur qui y jouait l'écrivain nain "à voix de chou de Bruxelles", selon la formule vacharde de cet autre intellectuel mondain qu'est Gore Vidal. Capote de B. Miller, était beaucoup plus « littéraire » il permettait un recul du spectateur, Scandaleusement Célèbre est « à fleur de peau », les émotions ressenties sont plus vives.

Toby Jones est parfait dans la peau du nabot excentrique, amateur de J & B, accoutré comme une poule, entouré d'une cour de grandes dames huppées, ses "cygnes", dont il est le confident et le Pygmalion, qu'il abreuve de potins avec son timbre bizarre, et enchante par son esprit, son panache, ses mensonges, ses sarcasmes mordants. Scandaleusement célèbre insiste sur la frivolité. A l'intelligentsia new-yorkaise, aux élégantes improvisant un twist dans leurs salons, répondent les bourgeoises de l'élite locale du Kansas. Après l'avoir vu comme un "petit coq castré", elles s'arrachent Capote dans les dîners, où il subjugue ses auditoires, bouche bée, en racontant ses rencontres avec Jennifer Jones, Ava Gardner, Marilyn Monroe, Humphrey Bogart, Marlon Brando.

McGrath insiste sur l'homosexualité de l'écrivain, le caractère comique de son irruption dans ce trou perdu, puis l'ambiguïté de sa relation avec l'un des assassins, Perry Smith. Il y a, entre l'écrivain et le tueur, une fascination réciproque, chacun considérant l'autre comme un alter ego fictif, tous deux se découvrant une blessure commune, mère alcoolique et suicidaire et déficit d'affection, Capote voyant Smith comme son ombre ténébreuse et Smith voyant en Capote l'artiste qu'il rêvait d'être. Scandaleusement célèbre est une histoire de détresse et de perte déclinée entre deux chansons. Un air de Cole Porter dans un night-club, un refrain de rodéo dans la cellule d'un pénitencier. La politesse d'un désespoir camouflé derrière le faux-semblant.

                                                            

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MEURTRE A CANTON de ROBERT VAN GULIK

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Meurtre à Canton nous entraîne dans la derniere enquête du juge Ti, fonctionnaire de la dynastie T'ang. l'egnigme se déroule en 677, le juge Ti est alors président de la Cour Métropolitaine de Justice. Il est en déplacement à Canton avec TSIAO Taï, colonel de la Garde Iméprial et lieutenant du juge Ti et TAO Gan, premier secrétaire de la cour Métropolitaine de Justice et lieutenant du juge Ti pour un motif gardé secret. Entre complot, meurtre, manipulation et rencontre, le juge Ti et ses lieutenants devront découvrir les mystères de la cité arabe de Canton. Vous découvrirez en le lisant maints aspects de la vie sociale en Chine ancienne.

L'auteur, Robert van Gulik (1910 - 1967) a étudié le droit et la politique, il entre ensuite aux Affaires étrangères. Il s'initie à la poésie et à la calligraphie chinoises, au tibétain et au sanscrit, à la philosophie boudhiste. C'est en 1948 au japon qu'il traduit un roman policier chinois, le Dee Gong An ou Affaires résolues par le juge Ti. En s'inspirant de vieux récit chinois, il écrit alors dix-septs récits policiers fictifs.

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LA CUISINE AU MOYEN AGE

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Au Moyen Age seul les palais et les demeures princières possèdent un lieu dédié à l’élaboration des repas. Dans les maisons modestes le maigre repas se confectionne dans un coin de l’unique pièce, près de la cheminée. Tout ce cuit à la flamme du foyer. Dans l’âtre le chaudron pend à une crémaillère. A coté, posées dans les cendres chaudes, des pots maintiennent en permanence au chaud de l’eau ou des restes. La cuisinière sort quelques braises du foyer qu’elle dépose sous un trépied. Là, dans une marmite ou un poêlon en terre elle pourra préparer des plats plus élaborés.

Les familles plus aisés possèdent un chauffoir, ancêtre du réchaud qui permet de cuisiner ou réchauffer des plats. Reprenant le dispositif primitif du foyer central dont la fumée s’échappe par une ouverture aménagée dans la toiture, les premières grandes cuisines médiévales s’organisent autour d’un conduit pratiqué dans la voûte et destiné à l’évacuation de la chaleur et la buée.

L’abbaye de Marmoutier près de Tours, construite vers 860, les abbayes de Vendôme, de Fontevrault (XIIème s), le palais des ducs de Bourgognes à Dijon (XVème s) possèdent tous de très grandes cuisines de plan circulaire octogonal ou carré, articulées autour de tuyau central. Ces cuisines jouxtent habituellement le réfectoire des moines ou la demeure des seigneurs. Lorsqu’elles sont trop éloignées on construit un passage couvert pour les relier au corps de logis.

La Renaissance dissimulera les cuisines dans les caves.

« Dans les habitations du Moyen Age, les cheminées étaient larges et hautes ; généralement un homme pouvait y entrer debout sans se baisser, et dix ou douze personnes se plaçaient facilement autour de l’âtre. Il fallait à l’intérieur de ces cheminées, de forts chenets en fer, désigné sous le nom de landiers, pour soutenir les bûches énormes que l’on jetait dans le foyer et les empêcher de rouler dans l’appartement. »

Eugène Villet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIème au XVIème siècle (1854 – 1868)

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LE SUCRE


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Je suis passionnée par la gastronomie et notamment son histoire. La découverte des aliments, leurs évolutions. L'histoire du "repas", les banquets créés par Antonin Carême et leurs rôles de démonstrations de pouvoir et richesse à la cours des plus grands souverains, le repas de représentation à la cours des rois de France, la place de ce moment "particulier" au sein de notre société actuelle... Les aliments, les plats, ont une histoire. Les arts de la table respectent des codes et des règles également empruntent d’histoires et de traditions.

Aujourd'hui je vais m'attacher à une matière première de la patisserie et de la confiserie, le sucre.

A l'origine, l'histoire de cette saveur se confond avec celle de certaines plantes et fruits. Il fallut des millénaires pour l'apprivoiser et la maitriser.

Le miel

Il fut connu dès l'antiquité en Asie mineure et autour du bassin Méditerranéen. Il s'imposa en Europe longtemps avant le sucre de canne. C'est grâce au miel que la saveur sucré se developpa et s'emplifia. Au Moyen-Age, les moines developpent l'apiculture et mettent ainsi à la disposition des patissiers un produit abondant, peu onéreux et non périssable. Un des succès patissier est le pain d'épices.

Le miel de roseau

Il est utilisé dans l'antiquité et est issue d'une plante pousant à l'état sauvage. Cette plante est assimilée par certain botaniste à l'ancêtre de la canne à sucre: le saccharum robustum, originaire de Nouvelle Guinée. Ce premier sucre de canne était connu dans tout le Golfe du Bengale à tel point que le Bengale fut appelé Faura qui siginfie "pays du sucre" et qu'une ville fut nommé Fut ce qui veut dire "sucre".

La mythologie indienne attribuait une origine divine à cette plante et le miel constituait une offrande aux dieux. L'origine ethymologique du mot sucre vient de son appelation en sanscrit : sarakara qui devient sukkar en arabe, seker en turc, saccharum en latin puis zucchero en italien, sucker en allemand, sugar en anglais.

On trouve mention de l'utilisation du miel deroseau par les Hébreux dans l'Ancien Testament. En 1er après JC, Pline l'Ancien décrit le produit dans son Historia Naturalis comme une matière cassante utilisée en médecine.

Le sucre de canne

Malgrès les échanges commerciaux, ce sont les Croisés qui firent connaiter le sucre de canne en France, il était jusqu'alors reservé aux apothicaires. L'orient étant le fournisseur de l'occident, Venise grâce à sa position de contrôle des échanges maritimes s'enrichit particulierement. L'apogée commerciale pour Venise se situe au XIVème et XVème siècle. Ensuite Vasco de Gama ouvrit la "route des Indes" qui permit aux navigateurs portugais de supplanter les vénitiens. Christophe Colomb révolutionne le marché de la canne à sucre en l'introduisant à Hispaniola, il ouvrait ainsi la culture sur le Nouveau monde.

Le sucre de betterave

Aux cours des siècles précedents le sucre de canne s'etait imposé en patisserie et avait supplanté le miel. Au début du XIXème siècle, le blocus continental imposé par Napoléon bloque l'approvisionnement en sucre de canne des patissiers français. Il falut donc explorer de nouvelles pistes. La culture de betterave permit alors de remedier à cela. La maîtrise de la culture de la plante et son rafinage permirent en moins d'un siècle une importante production (la plus forte d'Europe). S'ouvrit alors uneere de prospérité pour les patissiers et confiseurs qui entraina une multitude de créations.

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CIEL ! LE SAC EST PLASTIQUES


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Du 17 mars au 15 avril 2007 La galerie Le garage expose des tableaux de Denis Rivière. l'artiste est né en 1945 à Honfleur, il vit et travaille à Paris et dans l'Aisne. L'esposition a pour thème le sac plastique.

Voisi la petite histoire du sac-poubelle par Denis Rivière.

Cet objet utilitaire par excellence est le reflet de notre société. Son rôle est de récupérer tout ce qu’on rejette. Tout est bon pour lui. Il dévore tout ce que ne voulez plus. Il enfourne dans son ventre noir les restes des agapes de la société industrielle. La mort ne lui fait pas peur. Au contraire, il vous propose de l’accueillir dans ses flancs. Parfois il est nécessaire de découper la Chose afin de la faire mieux pénétrer. Mais tout est bon pour le nourrir. Faites votre marché à Bagdad, vous trouverez de splendides sacs made in USA vastes et solides, ultime transport des boys. Continuez votre promenade en Bretagne, vous en verrez de jolis qui ont les panses pleines de galettes parfumées au mazout. Certes ces mêmes sacs sont utilisés à la collecte des déchets urbains. Mais c’est aussi le complément indispensable pour le migrant que la folie des hommes déplace sans valise. Il y entassera à la hâte sa maigre vie, ses pauvres souvenirs et sa désespérance. Il sert également à effacer de notre champ visuel et de notre mémoire tout ce que nous ne voulons plus. Tout ce qui pèse sur notre conscience et sur notre éthique. Allez, on entasse tout ça et l’on repart pour de nouvelles aventures. Voyez comme maintenant tout est oublié. Ne reste plus sur le trottoir de notre civilisation industrielle qu’une forme molle mal définie. De splendides feux de lumière habillent sa robe qui se teinte selon son exposition d’un bleu profond avec des effets de moire violacés ou verdâtres. Quoi de plus séduisant pour notre oeil blasé de consommateur postmoderne que ce costume qui prend des airs de fête suivant la lumière. Bien sûr, il récupère tout ce qui doit disparaître du corps social comme l’Urinoir dont il est le prolongement qui élimine les déchets physiques et artistiques. Alors vous voyez bien que le sac est plastique !

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PERLE DU NET # 3

Le nuage des filles regroupent une multitude de liens vers des blogs créées par des filles, vous y découvrirez des billets d'humeur, des trucs rigolos, des créations déjantées, des idées déco, cadeaux, recettes, bricolage avec ses petites mains..., plein de blogs tout à fait différent... et tous féminin. 
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UN TEMPS OU LES CROYANCES ET LES SUPERSTITIONS ETAIENT MAITRESSES DES AMES

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Les croyances et les superstitions connaissent leurs apogées au Moyen-Age et vont imprégner les esprits jusqu’au XIXe siècle. A cette époque, la grande majorité de la population est rurale, la nature est toute-puissante, l’homme la subit, la respecte et la craint.

Pourquoi ce brouillard vient-il lui faire perdre ses repères ? Que signifie la rougeur du ciel ? Pourquoi la lumière de la Lune semble t-elle si inquiétante ? Tout cela excite sa sensibilité, l’inquiète, l’intrigue, le fascine et stimule son imagination. L’homme croit cette nature régie par des puissances magiques sur lesquelles quelques être hors du commun ont le don et le pouvoir d’influer. Il redoute ses colères et est impuissant face au vent qui hurle, à la pluie qui détruit ses cultures, les maladies qui déciment les troupeaux. Etant impuissant a expliquer et contrôler ces phénomènes, conscient de son extrême fragilité, apeuré et angoissé, l’homme se refugie dans un mode de pensée instinctif et irrationnel peuplé de fantastique et merveilleux. Il se livre donc a certain rite, apprend à lire signes et presages dans le but de contrôler sa destinée. Il se persuade que des objets ou des êtres portent chance.

Tout cela est favorisé par le cadre de vie. Les villageois vivent repliés sur eux-mêmes, l’instruction est peu développée et la vie est rythmée par le jour les travaux agricole et le soir la veillée avec ses histoires transmisent de génération en génération. A cette époque il y a un décalage avec les citadins qui eux ne vivent plus de la même façon. Depuis le XVIII siècle l’imagination en ce qui concerne esprit et croyance se meurt.

Extrait de « Voyage en Bretagne en 1840 et 1841 » écrit par Villermé et Benoiston de Châteauneuf envoyé en mission d’étude en Bretagne par le roi Louis-Philippe.

C’est qu’il est dans la nature de l’homme de rechercher plutôt les contes qui l’effraient que des vérités qui l’instruisent ; c’est qu’il aime la peur et son plaisir. Le Breton ignorant et simple est donc superstitieux, il croit aux fées, aux nains, dont la race noire et velue ne se plait que dans le mal, aux sorciers, aux revenants, au démon (…) C’est le vent, la poussière, la fumée du foyer dont la direction vers tel point du ciel annonce un événement favorable ou contraire. C’est le char de la mort (carriel an nankou) qui, dans son passage nocturne, fane et dessèche sous ses roues l’herbe fraiche des prairies ; ou bien c’est au contraire Notre Dame des Portes que l’on voit se promener la nuit dans les campagnes, vêtue d’une robe lumineuse, et dont l’apparition promet d’abondantes récoltes aux cultivateurs. C’est l’esprit caché dans l’épaisseur des bois, dans le fond des vallées, qui s’amuse à répéter les mots prononcés prés de lui ; ce sont deux cierges placés devant de jeunes mariés, dont le prêtre va bénir l’union, et qui indiquent par la flamme moins brillante de l’un des deux lequel des époux doit mourir le premier ; ce sont enfin des sources, des fontaines, dont les eaux bienfaisantes guérissent des maux que rien n’a pu guérir, et surtout de l’obsession du démon.

L’église est un grand adversaire des croyances et des superstitions qui sont des survivances païennes et détournent du vrai culte. Dès l’époque médiévale, conciles et synodes ordonnent au prêtre de s’opposer à ces pratiques déviantes. Un grand nombre de croyances ont été teintées de christianisme. Croix, oratoires, chapelles et autels ont été construit à l’endroit des sources, pierres et arbres sacrés. Les saints ont remplacés les idoles, les grands rites agraires sont devenus des fêtes religieuses. La lutte contre ces croyances s’intensifie au XIX siècle. Mais ces croyances sont-elles si contraires à la religion ? En insistant sur l’omniprésence du Diable et de ses suppôts l’église n’a telle pas, elle-même, contribué à leur maintien ? Croyance et religions partagent la même finalité : offrir un soutien face à la condition humaine et répondre à un besoin de la nature humaine : croire.

Extrait de « Génie du christianisme » de François René de Chateaubriand.

Quand le peuple croit entendre la voix des morts dans le vent, quand il parle des fantômes de la nuit, quand il va en pèlerinage pour le soulagement de ses maux, il est évident que ces opinions ne sont que des relations touchantes entre quelques scènes naturelles, quelques dogmes sacrés, et la misère de nos cœurs. Il faudrait nous plaindre si, voulant tout soumettre aux règles de la raison, nous condamnions avec rigueur ces croyances qui aident au peuple à surmonter les chagrins de la vie, et qui lui enseignent une morale que les meilleures lois lui apprendront jamais.

A la fin du XIX Siècle, les croyances et superstitions s’estompent. La science et les technologies évoluent, elles parviennent peu à peu à donner aux hommes des explications. Pourquoi s’en remettre aux saints ou à l’eau d’une fontaine pour guérir une maladie alors que la médecine évolue. Les modes de vie se sont transformés, les routes et les chemins de fer ont sortie les villages de leur isolement. On vit de moins en moins au contact de la nature. Quelques croyances survivent mais la plupart ont quitté la réalité pour entrer dans l’univers du folklore et appartenir à la mémoires des campagnes.

Pour aller plus loin : « la France des croyances et des superstitions » de Christophe Lefébure.

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